« Le Parisien » du 3 février: Qui en veut au restaurant japonais ? | Saint-Cloud C'est Vous

Qui en veut au restaurant japonais ?

Article du « Parisien » d’Olivier Bureau du 3 février 2015

Le Sushi Shop de la rue Dailly a été la cible de trois tentatives d’incendie en dix jours. Entre colère et inquiétude, le gérant témoigne.

Saint-Cloud, hier. Après une tentative et deux incendies volontaires, Renan, le gérant des lieux, est à bout de nerfs, mais il refuse de céder à la psychose.

En seulement quelques heures, afin de pouvoir ouvrir à l’heure du déjeuner, l’équipe du Sushi Shop de la rue Dailly a redonné un visage présentable au restaurant. Seules des plaques de carton, des vitres fendillées et une légère couche de suie sur les montants de la porte rappellent le brasier de la nuit.

 Vers 3 heures, un homme a tenté d’incendier cette enseigne. La troisième agression de ce type en dix jours.

Renan, le gérant franchisé, et son frère Pierre-Yves ont les traits tirés et le regard un peu perdu. « Quelqu’un nous en veut, mais on ignore qui et surtout pourquoi », soupire Renan. Le trentenaire est aux commandes du restaurant depuis cinq ans. Avec son frère, il emploie une vingtaine de personnes. « En cinq ans, on n’a rien eu. Pas une dégradation, pas une menace. Rien. Là, on est dans le brouillard », résume Pierre-Yves.

Le cauchemar commence dans la nuit du 20 au 21 janvier, vers 4 heures. « On a découvert, en arrivant, qu’une vitre était abîmée. Il y avait un peu de verre à l’intérieur, mais rien de dramatique. On a commencé à avoir peur en regardant les images de surveillance. » La caméra montre un homme vêtu d’une doudoune à capuche, qui dépose deux bouteilles en plastique dans une jardinière avant de jeter une lourde pierre à quatre ou cinq reprises sur la vitre. Il échoue et repart. Première plainte au commissariat. La tension monte d’un cran le week-end suivant, dans la nuit du dimanche au lundi. Cette fois, le malfaiteur parvient à ses fins. En partie du moins. Après avoir pulvérisé la vitrine avec un pavé, le pyromane à doudoune entre dans le restaurant et déverse un produit inflammable en plusieurs endroits. Il trébuche et ressort tandis que l’alarme hurle. Une minute plus tard, il lance une bouteille incendiaire vers le comptoir : le liquide s’embrase d’un coup. Par chance, le feu ne se propage pas aux autres flaques d’hydrocarbure. Les pompiers interviennent et évacuent la dizaine de personnes qui vivent dans l’immeuble.

A ce moment-là, le doute n’est plus permis : on s’acharne sur cet établissement. « On a décidé d’engager un vigile. Il est basé à l’étage du restaurant. Il ne doit pas intervenir. Le but est d’avoir des yeux dans le restaurant la nuit et de pouvoir faire évacuer l’immeuble au plus vite », poursuit Renan. Il n’a pas fallu attendre longtemps avant d’être de nouveau pris pour cible. Une semaine précisément. Hier, l’incendiaire a changé de méthode. Il a brisé la vitre de la porte et mis le feu au paillasson du sas de l’entrée. Le feu a été rapidement éteint, mais il a encore fallu évacuer les occupants du bâtiment. « On se sent vraiment seuls, complètement démunis, poursuit Renan. C’est un miracle s’il n’y a pas eu davantage de casse et surtout des victimes. On ne sait pas à quoi s’attendre maintenant. Il va, ou ils vont, s’arrêter quand ? Quand ils nous auront détruits ? »

Pas question cependant de céder à la psychose. Après chaque agression, les vitres ont été remplacées, l’établissement nettoyé et ouvert dans la foulée. « Il y a une réelle volonté de brûler ce restaurant, estime Grégory Marciano, cofondateur et président du groupe Sushi Shop. Nous n’avons jamais connu une telle situation sur notre réseau. » L’enquête a été confiée au commissariat de Saint-Cloud.

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