GUERRE AUX DEMOLISSEURS !! | Saint-Cloud C'est Vous

« Guerre aux démolisseurs ! »

Ce cri d’alarme prononcé par Victor Hugo en 1832 n’a jamais été autant d’actualité.

Partout en France on assiste aux démolitions, défigurations, et disparations des bâtiments et des jardins historiques témoins de l’identité des communes.

Saint-Cloud n’est pas épargnée !

Le PLU, matrice de tous les choix urbanistiques depuis juillet 2012, incite aux transformations irréversibles, souvent stimulées par de forts intérêts économiques qui  motivent les ventes.

Les  Maires successifs n’ont pas su réellement prendre en compte et protéger le patrimoine architectural et paysager de notre ville: pendant les années 60/80, des habitats collectifs nécessaires mais qui auraient du être mieux intégrés, le viaduc de l’autoroute, les bureaux de la colline…ont défiguré durablement la ville. Les POS avant le PLU n’étaient déjà guère plus protecteurs.

Le PLU 2012 a augmenté la superficie de certains zonages, par exemple l’UA  (habitat et commerces), qui  accentue les possibilités de construction et porte atteinte à l’identité de la ville: « Pour densifier fortement l’urbanisme dans une ville qui est encore très riche en jardins et en belles maisons, la mairie joue d’une tactique gagnante à tout coup. La transformation d’une zone en classement UA prévue dans le PLU permet en effet de bâtir des immeubles de plusieurs étages là où il était naguère difficile voire impossible de construire. L’opération est financièrement intéressante, et les promoteurs peuvent donc se permettre, pour accélérer les projets, de proposer à certains propriétaires d’acheter leur bien au double, voire au triple de la valeur qu’elles avaient avant la modification du zonage. Ceux-ci font face à un dilemme souvent très vite résolu. S’ils ne cèdent pas, alors que d’autres vendent autour de chez eux, ils risquent à terme l’expropriation, pour un prix moindre. S’ils vendent à quelqu’un d’autre au prix du marché, il y a toutes les chances que ce soit leur acheteur qui bénéficie de la soudaine plus-value »Didier Ryckner, La Tribune de l’Art,  septembre 2012.

Ce phénomène parait hélas s’intensifier sous l’actuelle mandature.

Parmi quelques maisons remarquables disparues récemment, la villa Grandval, rue Alexandre Coutureau, ancienne propriété d’un compagnon de la Libération et ministre du Général de Gaulle,  belle demeure Art Déco, dont les ruines illustrent l’entête de cet article,  est remplacée par des immeubles:

Avant:  Villa Grandval

Après:      Ruines maison Grandval 2

Le Château Pélican, bâtisse Napoléon III, 26 rue Dailly , est à son tour condamnée à disparaître (permis de construire délivré par le maire le 10 Novembre 2014) , ainsi qu’une partie de son panorama sur Paris. Reconstruite à l’identique, après sa démolition, c’est ainsi que l’on conserve à Saint Cloud les bâtiments remarquables !

Chateau du Pélican

Un autre zonage contestable est apparu avec l’actuel PLU: UL (Urbanisation et Loisir)

Les zones UL, instaurées sur tous les espaces verts, introduisent des droits à construire sous conditions: seules des constructions à usage de loisirs, sports de plein air et leurs structures éventuelles d’accompagnement. (Extrait du document PLU)

Ce zonage, malgré ces conditions restrictives, affaiblit leur protection et est illogique notamment pour les jardins publics, le Domaine National de Saint-Cloud et l’hippodrome, poumons verts essentiels pour tous.

Et il y a quelques jours, cette information stupéfiante est soudainement médiatisée, malgré sa publication dès octobre 2014 : Le gouvernement prévoirait la construction de 6000 logements sur le site de l’hippodrome pourtant doublement protégé au titre du code du Patrimoine (Monument Historique), et du code de l’Environnement (Site naturel classé). Cf notre page actualité http://www.sccv.fr/ et la fiche de l’AFTRP (Agence foncière et technique de la région parisienne):

Hippodrome

Car dans le cadre du réaménagement du territoire de la région parisienne et du Grand Paris, l’Etat impose à la Région Ile de France la construction de plus de 70 000 logements par an. De nouvelles opérations d’intérêt national (OIN) sont créées, Manuel Valls souhaitant accélérer le processus d’aménagement des territoires. L’État pilotera dans ces zones la maîtrise de la politique d’urbanisme, les préfets se substituant aux maires pour la délivrance des permis de construire.

Que deviendront alors le SCOT,  Schéma de cohérence territoriale, outil de conception et de mise en œuvre d’une planification intercommunale, ainsi que toutes les mesures de protection existantes ?

Combler le déficit de logements en Ile de France est brandi comme une nécessité au nom de l’intérêt général…c’est en réalité une course sans fin.

Mais l’intérêt général des franciliens, habitant dans des secteurs déjà très denses et urbanisés, n’est-il pas plutôt la préservation des espaces verts, des arbres, des terrains non lotis mais intégrés au maillage, des trames vertes, des corridors écologiques et autres foyers de biodiversité ?

Compte tenu de ce qui précède, nous nous interrogeons d’ailleurs sur la réelle et profonde motivation de notre Maire dans le temps, au-delà peut-être d’une immédiate posture électorale. Aussi à court terme, nous réservons notre position sur la signature de la pétition qu’il a initiée. A suivre donc de près, si ce projet était confirmé…au-delà des élections départementales.

« ….L’intérêt général doit prendre en compte aussi le paysage, composante essentielle du bien être individuel et social, expression de la diversité du patrimoine naturel et culturel des populations mais aussi le fondement de leur identité….. »

« …..Trop peu d’élus de tout bord politiques confondus sont conscients de la richesse qu’ils ont entre leurs mains….

« …..Une réflexion collective sur l’aménagement du territoire et sur la politique de l’urbanisme associant les populations, aux élus, architectes, historiens d’art, designers, paysagistes est indispensable pour maitriser ensemble l’avenir. Il est urgent de réconcilier dans notre pays, le patrimoine, l’architecture, l’urbanisme, l’habitat et le paysage »….Jack Lang, Ouvrons les yeux, 2014.

Enfin, la loi ALUR, pour favoriser la construction de logements, a supprimé le coefficient d’occupation des sols (COS) et la surface minimale nécessaire d’un terrain pour construire mais n’a pas  modifié les autres choix décidés par les communes lors de l’élaboration des PLU.

Une modification du PLU est actuellement engagée à Saint-Cloud avec les objectifs suivants: Il s’agit de concevoir un cadrage des conditions et des modes de renouvellement et de développement de l’urbanisation dans une perspective de préservation des enjeux naturels et paysagers compte tenu des nouvelles législations.  Cette étude devra aider la Commune à conserver les équilibres définis par le P. L. U. d’origine, malgré L’impact de l’application de la loi A. L. U. R. et donc :

 Assurer l’équilibre entre le renouvellement, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés et la revitalisation des centres urbains ;

Utiliser l’espace de façon économe : préserver les sites, les milieux et les paysages naturels ;

Faciliter et accompagner la mixité sociale ;

Prévenir les risques naturels prévisibles ou technologiques éventuels, ainsi que les pollutions et nuisances de toute nature ;

Préserver la qualité de l’air, de l’eau, du sol et du sous-sol, les ressources naturelles, la biodiversité, les écosystèmes, les espaces verts ;

Sauvegarder les ensembles urbains et le patrimoine bâti remarquable ;

Réduire les émissions de gaz à effet de serre, en maîtrisant l’énergie et la production énergétique à partir de sources renouvelables ;

Préserver et remettre en bon état les continuités écologiques ;

Développer les communications numériques.

Cette modification pourrait être un outil de protection supplémentaire, mais pourra-t-elle aller jusqu’à la révision des zonages, si tant est que la majorité municipale en avait la volonté ?

Il est acquis que la lutte contre la pollution, les réchauffements du climat, les stress engendrés par la concentration urbaine, ne sera possible qu’en préservant le patrimoine vert existant voire en l’augmentant en réintroduisant la nature en ville.

Les erreurs du passé ne doivent pas être répétées et les politiques doivent s’ouvrir aux démarches des autres pays qui cherchent des solutions plus respectueuses de l’environnement aux densifications urbaines.

 

Discussion - One Comment
  1. HUBERT Pierre

    Mai 15, 2015  at 10 h 25 min

    La bonne solution est une déconcentration de la région parisienne.
    Il y a plusieurs dizaines d’années nos dirigeants nationaux s’en étaient préoccupés
    et avaient entamé ce processus (notamment avec le transfert en province de quelques administrations, d’écoles cf. ENA à Strasbourg).
    Où en est on dans cet objectif? On re-concentre?
    Restons très vigilants.
    Bien cordialement.
    Pierre HUBERT
    PS. Résidents à Saint Cloud depuis 40 ans nous nous rendons compte de l’encombrement et de la circulation. Garches a eu une politique beaucoup plus efficace.

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